Tulio, une vie à Froidcul et 56 ans de fidélité à l'US Froidcul

29 décembre 2015 - 13:28

De joueur à dirigeant, en passant par l'entretien du stade, Tulio Rama s'est retrouvé au cœur de l'USF, car au four et au moulin dans la cité ouvrière de Sainte-Ségolène. Et puis...

Début juin 2004, l'US Froidcul dépose le bilan sportif, faute de dirigeants-combattants, et les inconditionnels de l'USF se posent des questions quant à l'avenir surtout de ses jeunes. Un visage familier et connu dans la cité de Froidcul range, comme d'habitude le vestiaire du stade Camille-Holveck, casquette toujours vissée sur le crâne, il explique: "C'est un tout qui a fait que l'USF n'existe plus: les accompagnateurs, les éducateurs et les dirigeants ont jeté l'éponge faute de moyens en y ajoutant un ras-le-bol généra", en se remémorant: "Cela m'a donné un coup au moral et, dans ma tête ont défilé: la construction du stade et celle du terrain annexe auxquelles j'ai participé avec Gaby Wentzinger et Albert Taragowski dit "Kitch", entre autres. Les pelleteuses et bulldozers étaient prêtés par les De Wendel, et nous travaillions après les heures".  

US FROIDCUL: la messe est dite !  

Tulio Rama est né le 18-09-1934 à Moyeuvre, il n'a connu qu'un seul club, l'USF pour qui il a signé sa première licence en 1948 sous la présidence de Camille Holveck, jusqu'en 1974, à qui ont succédé René Rama (son frère) de 1974 à 1990, Roger Lagrange de 1990 à 1997, Michel Varamo de 1997 à 2000 et Jean-Marie Hachette jusqu'en juin dernier. Tullio a pratiqué le football jusqu'en 1992 en catégorie vétérans, et un passage au Tim (équipe corporative).

"Mes plus beaux souvenirs se situent dans les années 1957-1961, pendant lesquelles l'USF évoluait en division d'honneur devant une moyenne de cinq cents spectateurs avec les Bolek Kocik, Kantz, Yogi et Albert Matelic, Schultz, Pierre et Robert Bonollo, Stemmer, Serrau, Szymszak, mes frères René et Fiorello Rama etc... c'était un régal et ça jouait bien au foot" souligne ce milieu de terrain travailleur qu'il fut en ajoutant avec un clin d'oeil: "Les rencontres entre l'USF et l'UL Moyeuvre ont tourné à 80% à notre avantage, c'étaient à l'époque de vrais derbys!". Avec une pensée pour les jeunes finalistes de la coupe De-Wendel (actuellement en coupe de Lorraine) qui s'inclinèrent face au SAS Epinal (2-1), à Hayange en mai 1966.

Tulio est reconnaissant envers ceux qui ont apporté leur quote-part technique au club: "Mes entraîneurs m'ont permis de progresser: Charles Zehren, un ancien pro nous a apporté l'entraînement avec jeux, Kantz Matelic, la gagne et Fiorello Rama, le jeu léché et technique". En 1984, Tulio décide d'aider son club en s'occupant de la conciergerie du stade (lavage des maillots, nettoyage, tonte de gazon, traçage des terrains) et ce, jusqu'en juin dernier.

C'était la personne à qui tous les joueurs se confiaient et qui, de temps en temps réclamaient gentiment. "J'adorais humer l'odeur des vestiaires et toutes ces tâches me convenaient. Je regrette déjà la convivialité qui régnait entre les dirigeants et je me demande ce que vont devenir ces installations du stade Camille-Holveck tout comme les enfants qui pratiquaient le football à l'USF, j'espère qu'ils vont continuer à pratiquer dans un autre club!", s'inquiète celui qui a été à l'USF, l'homme à tout faire de l'association.

Bien sûr, Tulio ne va pas s'ennuyer car les longues promenades et les sorties à vélo, en alternance lui permettent de s'évader sportivement trois heures journellement. Le sport ça conserve et Tulio, le septuagénaire a encore de beaux jours d'activité physique devant lui. Il a tant donné pour l'US Froidcul, qui d'ailleurs le lui a bien rendu.  

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